Histoire de Benesse Les DAX

BENESSE-LES-DAX

Note d’histoire locale :

 

– 1. Aspect général

« La paroisse de Bénesse-lès-Dax, d’autres disent Behesse, est admirablement située, écrit M. Lapeyrin, sur un plateau charmant et très fertile, à 9 km de Dax. Elle est sillonnée de nombreuses voies de communication. La route de Dax à Peyrehorade et celle de Pouillon à Heugas se coupent à angle droit, non loin de l’église de Bénesse, et prennent la forme d’une immense croix latine, dont les routes de Heugas et de Pouillon sont les deux bras. »
Il n’existe pas d’agglomération, ni par conséquent de village proprement dit : les maisons, coquettes, élégantes, reluisantes de propreté semblent les unes monter la garde le long des routes, les autres s’éparpiller poétiquement dans les champs, les coteaux, les vallons et les bois ; elles ont toutes, avec un air d’aisance, je ne sais quel sourire d’accueillance et d’hospitalité !
Je veux signaler quelques maisons groupées irrégulièrement autour du presbytère et de l’église ; autour de l’école et de la mairie ; au tournant de la route de Dax ; enfin au quartier de Piquemousque. La paroisse est limitée à l’Est par Pouillon, à l’Ouest par Heugas, au Midi par Gaas, au Nord par Saint-Pandelon.
«Le sol, dit M. Lapeyrin, est d’une admirable fertilité : il est tour à tour émaillé de prairies, entrecoupé de collines verdoyantes et de vallées fécondes. Sa superficie est de 57 hectares. » Au milieu de ce délicieux panorama, on aperçoit la pointe du clocher, la silhouette d’un moulin à vent, dépouillé de ses ailes et depuis quelques temps, le panache de fumée et le rauque sifflet du train qui roule de Dax à Pouillon et à Peyrehorade.

 

– 2. La population

Lorsque l’abbé Lapeyrin écrivait la brève — trop brève — historiographie de Bénesse, la paroisse comptait 465 habitants: elle n’en compte plus aujourd’hui que 406, soit une diminution de 59. 1
Cette diminution a des causes multiples : les coupes sombres de la grande guerre dans les rangs de notre jeunesse ; la désertion des campagnes ; la fièvre qui brûle les veines de nos populations rurales ; les impôts trop lourds, la peur du travail pénible et cette soif de l’or qui se fait sentir jusque dans les hautes de la société et même du Parlement.
Les habitants de Bénesse sont presque tous occupés aux travaux de l’agriculture. C’est à eux que l’on peut adresser le salut du poète : «Salut, terre féconde mère des riches moissons et des hommes vaillants ! » Ou encore la parole d’un célèbre maréchal : «Honneur à la charrue ! Gloire à l’aiguillon ! »2
Les terres sont très fertiles : les plaines produisent en abondance le froment, le maïs, les haricots ; sur les coteaux le soleil mûrit les grappes des vignobles et, comme celui de Pouillon et de Gaas, le vin de Bénesse est renommé à Dax, à Bayonne et même encore plus loin. Avec autant de méthode et de succès les habitants s’adonnent à l’élevage : ils ont de beaux bœufs dans leurs étables et de magnifiques chevaux dans leurs écuries ; aussi figurent-ils avec honneur dans les concours de Dax.
Les bénessois vivent heureux, ignorent les haines sociales, propriétaires et métayers vivent dans une sorte d’union familiale, adonnés les uns et les autres aux travaux de la terre ; les propriétaires, cultivant le petit domaine acquis au prix de leurs sueurs et les métayers travaillant, économisant pour devenir propriétaires à leur tour. C’est l’idéal de la véritable ascension sociale et de l’accession à la propriété.
Les laboureurs en paix coulent des jours prospères, en cultivant les champs que cultivaient leurs pères. Les bénessois sont vifs, un peu fiers, laborieux, spirituels, bien élevés et très polis. C’est rendre hommage à la vérité, que de louer leur caractère aimable, leur droiture, leur franchise, leur facilité à nouer des relations de bon voisinage, leur accueillante et généreuse hospitalité, le type de beauté de la jeunesse des deux sexes, leur amour de l’indépendance. Pour être juste, je dois mentionner la diminution du respect pour l’autorité familiale ou civile, l’envahissement des modes, le goût de la danse et des amusements.
Pour loger la population de Bénesse-lès-Dax, il y a une soixantaine de maisons : soit environ 30 propriétaires et 30 métayers.3 Voici le nom de quelques maisons de propriétaires. Je ne parle que de la paroisse en 1931 ; nous aurons quelques chapitres spéciaux sur Bénesse-lès-Dax et son passé. Mais signalons d’abord l’état actuel de l’agglomération bénessoise.
1° – Voici, sur l’emplacement de la maison seigneuriale, presque en face de l’église, à droite du chemin qui aboutit à la route de Dax-Bénesse, aujourd’hui simple métairie, jadis noble château. Les anciens racontent qu’autrefois une magnifique allée ombragée de vieux arbres conduisait du château à la chapelle qui servait d’église paroissiale. Au 18e siècle, le manoir seigneurial devint la propriété des Subercazaux et passa successivement aux Duclerc, aux Lefranc et finalement aux de Prémonville de Maisonthou et Mangin qui en sont les possesseurs actuels.
2° – Je signale ensuite le manoir du Haou fièrement campé sur un coteau au milieu des arbres, vers le Midi. Les de Prémonville de Maisonthou en sont les propriétaires.
3° – Labadie et son pittoresque moulin à vent appartiennent à Mme veuve Biraben de Dax.
4° – M. Duhau, aujourd’hui maire de Bénesse, dont la famille remonte au 18e siècle, comme les actes paroissiaux en font foi, possède le petit domaine de Lacrouts.
5° – A l’angle de l’entrecroisement des routes Pouillon-Heugas et Dax-Peyrehorade, au milieu d’un parc digne de Le Nôtre, s’élève gracieusement la villa de M. Mangin, ancien maire de Bénesse.
6° – Au milieu de la côte qui monte jusqu’au presbytère, habite Mme veuve Lagrange, dont la maison tranquille se cache dans la verdure. Le nom de son mari reste attaché à toutes les initiatives de l’industrie plâtrière et tuilière, comme aussi à l’embellissement du raidillon de Lesmolies.
7° – M. Ducoloné, propriétaire, habite une maison de belle apparence, au sommet de la côte qui mène au presbytère et à l’église. Il est en même temps charpentier, buraliste, épicier, boulanger et il apporte dans l’exercice de ces divers métiers, la même honnêteté scrupuleuse le même sourire accueillant, la même bonne grâce.
8° – Le petit manoir de Larradé, dont on aperçoit de loin l’élégante silhouette, semble monter la garde, non loin de la route de Dax à Peyrehorade. Un aimable négociant de Dax, M. Eloi Lartigue, en est aujourd’hui le propriétaire.
9° – Je citerai encore, parmi les propriétaires forains, M. Larrieu, d’Onesse, propriétaire de Malerot ; M. Bagieu, de Dax, propriétaire de Gassie ; Mme Lafitte, de Dax, propriétaire se Saint-Christau : cette métairie portait autrefois le nom de Pribat-de-Bas. D’après l’érudit chanoine Foix, curé de Laurède, qui a bien voulu mettre à notre disposition quelques-uns de ses précieux manuscrits, « la maison de Pribat, avec son bois à haute futaie, relevait des chevaliers de Malte ; son vrai nom semblerait avoir été Pribérat ou Prieuré ; elle fut vendue 5 000 livres, le 20 octobre 1774, par noble Jean-Joseph de St Christau, «escuyer» à M. Jean Ramombordes, greffier au sénéchal et présidial de Dax… » Une rue de Dax porte encore son nom.
410° – Il y a aussi la propriété de Pribat tout court ; elle a successivement appartenu, en ces derniers temps à M. Théodore Denis, député de Dax, d’éloquente mémoire, dont les dacquois portent encore le deuil ; puis à M. Lavielle ; enfin, aujourd’hui à M. Lanot, originaire de Pouillon, dont le frère, chevalier de la Légion d’honneur et adjoint au maire de Pouillon, fut un héros de la grande guerre.
11° – Le Petit-Bayeou est la propriété de M. Suhonne, dont le nom est synonyme de travail, de loyauté, de foi catholique ; sa famille ne laissera pas tomber l’héritage de ces belles traditions. Son frère, Alphonse, a fondé à « Chose », en Pouillon, un foyer honorable et respecté.
La famille Suhonne de Bénesse-lès-Dax est apparentée à d’excellentes maisons du pays en particulier à M. l’abbé Darrieusecq, le vénérable et populaire curé d’Estibeaux.
12° – Le Grand-Bayeou appartient à Mme veuve Dufourcet, qui a fait preuve de vaillance et d’activité, pour tenir à la hauteur du progrès, les travaux agricoles et le rendement de sa propriété.
Deux fils, intelligents et laborieux, 23 et 20 ans, prêtent à leur mère la force et la jeunesse pour l’exploitation du petit domaine.
13° – A Lacommère-Neuve, nous saluons la famille Badets, dont les traditions catholiques seront précieusement recueillies par les enfants.
Le fil aîné a épousé la soeur du maire actuel ; Mlle Maria Duhau, qui, elle aussi, fait revivre les vertus dont sa mère, son frère et sa belle-soeur, une pouillonnaise de Brahy, lui ont donné l’exemple.
Ils s’honorent de leur parenté avec les Badets, de Lasjournades en Pouillon et avec le vénéré M. l’abbé Lassègue, le doyen du clergé des Landes, qui malgré ses 96 ans, s’intéresse à la chronique de sa petite patrie.
14° – Je ne suis pas documenté au sujet de Lacommère-Vieille et de ses habitants. La métairie appartient à M. de Prémonville de Maisonthou.
15° – Nous voici à Lacommère-du-Milieu, dont le propriétaire est M.Soumet, forgeron, dont le marteau résonne harmonieusement sur l’enclume et jette des notes joyeuses autour de Lacommère. C’est un foyer éminemment chrétien. La mère, soeur des Carrère, de Pouillon, est partie prématurément pour un monde meilleur, après avoir imprimé à son foyer un intérêt profondément catholique et laissant à tous les siens un souvenir impérissable de ses vertus. Son fils aîné marié à une demoiselle d’Orist, sera le digne continuateur de la race envers un jeune frère sur qui reposait tant d’espérances ; leur soeur quittant la ferme familiale, si aimée, a pris son essor vers le monastère des Servantes de Marie d’Anglet où sa cousine Carrère l’avait déjà précédée.
16° – Letaste-de-Haut porte encore le deuil du chef de famille trop tôt disparu. Marie veuve Bonnebat soutient avec dignité un nom cher à toute la paroisse ; son fils marié à Mlle Lasserre de Mirandet à Mimbaste multiplie le nombre de ses amis par sa jeune distinction et sa souriante amabilité.

517° – Entrons à Lacrouzade : la maison est habitée et les terres cultivées par Mme veuve Loy et son fils, qui en sont les propriétaires. Le père, hélas ! a été frappé, jeune encore, par la mort ; la mère, avec autant d’intelligence que de courage, a continué l’exploitation et n’a pas été inférieure à cette rude tâche ; aujourd’hui, son fils a grandi ; il emploie, pour remplacer son père et aider sa mère, la jeune force de ses 18 ans. Venue de Pouillon, la famille Loy conserve les pratiques et les traditions chrétiennes, qui édifièrent jadis le quartier d’Arriosse.
18° – A la croisée des routes Dax-Peyrehorade et Pouillon-Heugas à l’angle qui fait face à la villa Mangin, est situé le Brana, dont la famille Lesclaux est propriétaire. La maison avec un air d’aisance sourit… C’est là qu’habitent les époux Lesclaux, avec leur vieille mère et deux aimables garçons, espoir de l’avenir familial. La jeune fille dont les chants égayaient la maison du Brana, s’est envolée vers Pouillon; elle habite avec son mari, Charles Lamarque, camionneur, en plein Pas-de-Vent, l’élégante villa Chiquita. En y entrant, l’aimable camionneur dit, tous les soirs, avec un plaisir nouveau : « Il n’est point de petit chez soi »
19° – La maison d’Escazaous répand comme son nom l’indique, un parfum de jardin: de bons légumes, de belles fleurs, des fruits dorés. Les époux Eymond en sont les vaillants cultivateurs et les heureux propriétaires. Aux parfums de jardin s’ajoutent, ce qui est préférable, les senteurs des blondes moissons et des grappes vineuses. Daigne le ciel élargir le cercle de leur famille et perpétuer leur race.
20° – Bordenave : ici vivent, heureux et tranquilles, deux bons vieillards, les époux Despuyos, propriétaires et tailleurs d’habits. Autrefois, sans doute, ils cousaient en tirant l’aiguille et coupaient de leurs éclats de rire les bruits de la machine à coudre ; aujourd’hui, ils sont recueillis et graves dans leur maison commode et saine, mais leurs visages reflètent la joie et la paix ; c’est ici, pensent-ils, que luira sur nos vieux ans l’azur de notre dernier automne ; c’est ici que nous prendrons notre essor vers le ciel.
21° – Lesplantes appartient aujourd’hui à la famille Darricau. Cette famille, dont la maison mère est à Mimbaste, compte parmi les plus honorables du pays ; elle est apparentée aux Darricau de Habas, aux Mora de Dax, aux Gaillardet de Pouillon, aux Lafargue de Gaas, aux Darricau de Labatut et de Pouillon, etc. Elle a donné des prêtres au diocèse et des religieux à l’ordre de Saint-Benoît. Point n’est besoin d’ajouter qu’elle est animée de sentiments et de traditions catholiques de premier ordre. Au point de vue civil, les Darricau de Lesplantes ont conquis une place de choix dans la commune de Bénesse : le père Darricau est adjoint au maire ; le fils âgé de 18 ans, porte les espérances d’un avenir qui sera digne de ce beau passé.
22° – Voici, sur le bord de la route de Dax, la maison de Mothes. Elle est gracieusement assise au milieu des arbres et des champs… A deux reprises, la mort avait projeté son ombre tragique et lugubre sur cette demeure. Aujourd’hui, l’ombre se dissipe et l’espérance rayonne sur un avenir consolateur : Mme veuve Darrigade, avec ses deux fils, âgés l’un de 18 ans, l’autre de 15, s’occupe vaillamment de l’exploitation de ce petit domaine dont elle est propriétaire. Des jours heureux se lèvent à l’horizon, salués par la sympathie et les voeux de toute la paroisse. La famille Darrigade, de Mothes, imprimera la trace du travail et de la vertu.

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23° – La maison de Chicoye avec ses dépendances, est la propriété de la famille Duten. Là aussi la mort a frappé de rudes coups, mais sans abattre le courage des survivants. Deux femmes, deux veuves, sont restées debout pour la préparation des lendemains réparateurs. Le fils de l’une d’elles a épousé une jeune fille de St Pandelon : il tient, à Chicoye la place du père disparu. L’avenir de cette brave famille de laboureurs est maintenant assuré.
24° – La villa Irène, assise au pied de la côte de Lesmolies, présente un gracieux aspect d’aisance et de reluisante propreté… Les Peyrou en sont les propriétaires; le mari est charpentier et la femme couturière. L’un fait entendre les coups de hache sur le faîtage des maisons, l’autre le bruit saccadé de la machine à coudre. Avec l’aide du ciel, ils sont les artisans de leur bonheur mutuel qui a son siège dans la maison.
25° – Entrons à Piquemousque. Famille patriarcale avec une couronne de 11 enfants, qui valut récemment aux époux Larrouquère un prix Cognac-Jay… Les propriétaires de Piquemousque sont de braves et vaillants cultivateurs : dans la famille Larrouquère, tout le monde travaille, le père tient tour à tour les mancherons de la charrue et la hache du charpentier ; la mère est à la fois une active ménagère et une marchande de volailles. L’aîné des enfants, âgé de 18 ans, est un intrépide ouvrier.
26° – Nous voici au Désert, un désert habité. La coquette demeure a été achetée par la famille Humayou ; le père Humayou, boulanger y habite avec sa femme et ses deux enfants ; le pain qu’il fabrique est exquis et lui assure un bel avenir.
27° – La veuve Dupéré est propriétaire au Bousquet, non loin de la gare du tram. Cette famille est apparentée aux Soumet de Bénesse et aux Carrère de Pouillon ; la politesse et l’amour du travail sont héréditaires. L’aîné des garçons est marié et père de trois gentils petits enfants.
28° – A Maysounabe, habitent deux bons vieillards, deux excellents chrétiens, les époux Vautrot, qui en sont les propriétaires. Le fils unique de la maison est installé avec sa jeune famille non loin de Maysounabe, ce qui lui permet de prêter main forte à ses vieux parents.
29° – La veuve Carty habite Hormagnon dont elle est propriétaire ; elle exploite avec son fils, ce petit domaine ; ce fils est marié et père d’un charmant petit enfant, sur lequel repose l’avenir de la race. Brave famille de cultivateurs.
30° – Péluchau appartient à la veuve Bernadet, dont le mari défunt fut longtemps le dévoué et très apprécie chantre de St-Pandelon. Cette vaillante femme, aidée de ses trois garçons -15 à 20 ans — cultive avec succès les champs fertiles dont elle est propriétaire.
31° – Dupéré aîné est propriétaire de la métairie de Tauzia, qu’il a confié à un colon partiaire. M. Dupéré est le régisseur des terres que la famille de Prémonville de Maisonthou possède à Bénesse.
32° – Au Régent : Le nom seul indique clairement que c’était jadis la maison d’Ecole. Aujourd’hui c’est la propriété de la veuve Barath, marchande de volailles, la mère de la femme Peyrou, de la villa Irène et la soeur de Marie Lamarque récemment décédée à Sarailh-de-Garanx, en Pouillon.
33° – A Lachat, habite le père Lartigau, un vieillard octogénaire, venu du Marensin, homme au coeur d’or, comme les pins de son pays. Son fils est marié et père de cinq enfants.
34° – Pouymayou, un mutilé de guerre, a récemment acheté la propriété de Sïoules où il habite, avec sa femme et ses quatre enfants. Après avoir été bon soldat, il se montre bon cultivateur et inculque à tous les siens l’amour de la terre et le culte de l’honneur.

vendangespeyrehorade1928, vendanges à Poublade – coteau d’Igaas à Peyrehorade    Centre culturel du pays d’Orthe

N. B. : Après avoir consacré 8 numéros à « Bénesse d’aujourd’hui » nous publierons à partir de jeudi prochain, 7 mai, ce que nous savons de «Bénesse d ‘autrefois»

 

– 3. Bénesse d’autrefois.

1) – Etymologie de Bénesse :
Dans ce pays, comme d’ailleurs en France, les noms et les mots ont souvent une étymologie latine et topographique.
Pour Bénesse il est difficile de se prononcer, les archives de la paroisse ont disparu. « Une première fois, écrit M. Lapeyrin, elles furent la proie du feu du ciel qui tomba sur la mairie. » Il est permis de regretter que l’on ne fasse connaître ni la date, ni les détails de cet incendie. « Ce qui restait a été plus tard, croit-on, livré aux flammes par un certain instituteur du nom de Gatiat… »
Pourquoi, comment et à quelle date ? Silence : c’est vraiment trop peu pour étayer un vague « croit-on » Quoi qu’il en soit, les archives ont disparu. « On ne peut citer ajoute M. Lapeyrin, aucun fait historique qui puisse expliquer l’origine du nom de Bénesse, nous en sommes donc réduits à donner son étymologie naturelle, en supposant qu’il vient du latin : «Béne esse» (beau site, bien-être).
Pour ma part, je ne trouve cela ni « naturel », ni tant soit peu plausible. L’étymologie «Bene esse» me paraît une de ces aimables facéties que l’on peut se permettre dans un toast ou un cours de blagues, mais qui n’a rien de sérieux ni de scientifique surtout. Rien ne la justifie, ni le latin qui sent trop la cuisine, ni la position géographique, ni les conditions gastronomiques des habitants. Au surplus, il y a du côté de Bayonne, une paroisse landaise qui porte le nom de Bénesse ; Bénesse est encore un nom patronymique commun dans le pays : leur donnera-t-on aussi l’étymologie fantaisiste de «Bene esse » ? Passons!
On me signale, entre Bénesse et Pouillon, sur une colline qui domine la contrée, une maison, une vieille demeure qui s’appelle Bénarruck et qui a donné son nom à la chapelle voisine, aimée des pouillonnais, des gaassois et des bénessois. Quelqu’un a insinué que Bénesse et Bénarruck pourraient bien avoir la même étymologie: Ben est un mot gascon qui signifie vent… Mais il faudrait encore trouver la signification de eusse, esse, hosse et d’Arruck ».
Attendons que les archivistes et les savants allument leurs lanternes et disons pour aujourd’hui que l’origine de Bénesse se perd dans la nuit des temps.

82) – Seigneurie et Caverie de Bénesse:
Nous devons à M. le chanoine Foix, qui nous les a très aimablement communiquées, les notes qui vont suivre. Nous laissons aux Crétinau-Joly du diocèse le soin de les utiliser pour une monographie paroissiale. J’ai à coeur de remercier ici publiquement l’érudit curé de Laurède.
a) – Y eut-il autrefois, à Bénesse, une commanderie en titre, c’est-à-dire un bénéfice attaché à un ordre militaire ? En l’absence de documents précis, nous penchons vers l’affirmative. Quoi qu’il en soit, l’ordre de Malte avait des intérêts à Bénesse ; en effet, un document du 3 juillet 1677, nous parle de Me Jean-Pierre de Labat, prêtre, curé d’Argelos, « baillant à sous- ferme à Etienne Duverger, maître tailleur d’Arzet, les fruits décimaux et fiefs, qui appartenaient au commandant de Calissanne, dans les paroisses d’Arzet et de Bénesse, pour 21 livres l’année. »
Sans doute, les intérêts n’étaient pas considérables, mais la question se pose naturellement : pourquoi ces intérêts ? Pourquoi aussi la maison de Pribat en Bénesse, avec son bois à haute futaie relevait-elle des chevaliers de Malte ? Nous avons déjà dit que cette maison, dont le vrai nom semble avoir été « Priberat ou Prieuré », fut vendue 3 000 livres, le 20 octobre 1774, par Noble Jean-Joseph de Saint-Christau, «escuyer », à Me Jean Ramonbordes, greffier au Sénéchal et présidial de Dax.
9b) – « On indique près de l’église, écrit M. le curé Lapeyrin, l’emplacement d’un antique château, dont il ne reste plus de vestiges. C’était le château du Seigneur de Bénesse. » Les manuscrits de l’abbé Foix nous permettent d’ajouter quelques détails.
La métairie de Bénesse a gardé le nom du noble et vieux château sur l’emplacement duquel elle est bâtie. Autrefois, une allé magnifique ombragée de vieux arbres, conduisait à la chapelle qui servait d’église paroissiale. La métairie de Bénesse est aujourd’hui propriété de M. Victor Mangin. Quant au château disparu, voici les notes de M. le curé de Laurède: « La maison noble de Bénesse consistait en salles, chambres, antichambres hautes et basses, avec une tour du côté du Midi et une galerie sur le haut du côté du Nord ; un pont en pierre à deux arceaux, pour monter de la basse-cour au château. » Le château était entouré de fossés, avec un bâtiment séparé qui contenait l’écurie, le pressoir, les granges, les volières ; avec un jardin, verger, vignes, près, bois-taillis et bois à haute futaie ; une garenne fermée, avec des allées servant d’avenues ; deux autres maisons bâties dans les fonds nobles, dites Saint-Michel et Les Places, le tout d’un tenant de 176 arpents, plus six arpents, 19 carreaux de pré noble, où est un moulin, plus des fiefs sur plusieurs maisons.
Droits seigneuriaux : dans son dénombrement de 1757, Dame Elisabeth Destrac rend hommage de la seigneurie et caverie de Bénesse : « Justice moyenne et basse avec droit de créer un bayle et autres officiers, plus les droits honorifiques en dépendant : dans l’église paroissiale de Bénesse, du côté de l’Evangile, un siège ou banc et une sépulture — droit d’aller à l’offrande avant les autres. Toute la place devant le presbytère, dans un espace de 10 à 12 pieds, lui appartient ; parce que le presbytère et la place, où sont le maître-autel, la sacristie et l’église appartiennent aux seigneurs de Bénesse, le tout ayant été bâti par eux, à leurs dépens et sur leurs fonds : ils ont également fourni le fonds pour le reste de l’église et pour le cimetière ; c’est pourquoi le seigneur est en droit de mettre dans ladite église et de faire peindre une ceinture funèbre… »
En outre, la paroisse de Bénesse est obligée de payer 18 sols de fief, rente foncière et annuelle, à la Saint-Martin, pour le bois commun de Soullès, ensemble la moitié des pignorations et amendes, qui se font dans ledit bois, avec pouvoir de boisage par ladite dame, pour la réparation de sa maison noble et métairie. Enfin, elle avait un fief de 12 deniers sur le moulin de Mugron, en Gaas.
3) – Moulin noble de Bénesse :10

Où était-il ? Mugron en Gaas ? Mouliot en Pouillon ? Ce moulin n’avait qu’une meule en 1750 ; il rapportait, d’après un bail du 11 avril 1746, 18 sacs de millas, une paire de chapons d’étrennes, deux paires de poulets et les oeufs de coutume. La meule était au coin rond, et la poignère du 16e.

4) – Domaine royal:
Le Roi possédait le domaine de Bénesse, qui consistait dans la justice ferme des droits de la sénéchaussée de Dax : droit de censive sur partie des héritages qui y sont situés, montant à 1 f 3 sols, le surplus étant de la directe de quelques seigneurs particuliers ; droit d’issue et d’entrée qui consistait en 22 sols 6 deniers qui se payaient suivant la coutume, à savoir, 11 sols 3 deniers par le vendeur de l’héritage pour droit d’issue, et pareille somme par l’acquéreur pour droit d’entrée, sur lequel droit les officiers du domaine avaient 6 sols par livre… Ce droit ne produisit rien en l’année 1763 (Archives nationales).
En l’année 1743, les droits du Roi dans Bénesse ne s’élevaient qu’à 1 livre 2 sols de fiefs, suivant les comptes fournis à Sa Majesté en 1679 et 1680.
(Archives nationales).
Les seigneurs de Bénesse, Heugas et Campagne étaient solidairement taxés à un archer, à l’arrière plan, vers 1506.

5) – Seigneurs de Bénesse :
Voici les noms de quelques seigneurs et nobles dames de Bénesse (Abbé Foix) :
A — En 1363 Giraude de Bénesse, femme de Navarre d’Arrostant, lequel rendit hommage en l’église de Saint-André de Bordeaux, le 22 juillet 1363… Cette Giraude de Bénesse est-elle aussi la dame de Séros, qui rendit hommage, vers le 14e siècle, au village de Bénesse? (Arch. B. P. E. 239).
B — En 1411, Bertrand de Bénesse, et en 1423, Goalard de Bénesse (Arm. Des L. 3-206); vers 1450, noble homme Bertranot de Bénesse, qui habitait Pouillon (Arch. Tribunal de Dax).
C — Noble nommé Lancelot, seigneur de Bénesse, épouse le l septembre 1506, dame Jeanne de Cazaux, dame de Campaigne ; Marguerite de Bénesse, dame dudit lieu, vend ses fiefs aux prébendiers de Capdeville pour 135 livres, le 9 janvier 1516 (Arch. Trib. Dax) ; Catherine de Bénesse en 1518 (Arch. Trib. Dax) ; Moss. Arnaud de Bénesse, en 1528, seigneur de Pouy, au 16e siècle, à le Castéra, en St-Pandelon (Arch. Trib. Dax,).
D — Noble Bernard de Beaulieu, seigneur de Bénesse, maire de Dax, 1531-1542, épousa dame Marie d’Apestéguy, laquelle acquit le moulin à blé de Jéhanin, en Rivière et le revendit, le 25 mai 1542 ; elle avait épousé, en premières noces, Charles de Vergiers, marchand, habitant Dax : elle jouit quelques temps du moulin de Vignoles en Préchacq et ne s’en défit que moyennant 800 francs bordelais, le 26 décembre 1541. De ce mariage naquirent
a) une demoiselle.., mariée à Pierre de Laure, marchand, de Dax en 1542;
b) une autre demoiselle.., mariée à Me Jehan de Moneing de Dax, en 1542 (Arch. n° 6247)
c) Menaud de Beaulieu, sieur de Bénesse, habitant Dax en 1855, élève du collège de Guyenne, à Bordeaux, de 1542 à 1546.
E — Pierre de Beaulieu, sieur de Bénesse en 1608, écuyer en 1614. Il fut le père
a) de demoiselle Catherine, veuve en 1642, de Bernard Dulucq de Gaas,
b) de François, dont nous verrons plus loin la descendance;
c) de Pierre, frère du précédent, prêtre en 1664 (Arch. de Lestapis)
d) de Marguerite, demoiselle mariée à Bernard de Lamothe, seigneur de Castaignet, en Pouillon, 1632.
e) de Quitteyre, demoiselle habitant Pouillon, en 1633 (Arch. Pouillon).
F — Noble François de Beaulieu, écuyer, sieur de la maison noble de Bénesse, fils de Pierre de Beaulieu (1633-1660). On croit qu’il eut pour enfants :
a) Jeanne, demoiselle, mariée à Bertrand Duboscq, mort avant 1653. Elle habitait Mimbaste, et s’intitulait Jeanne de Beaulieu-Lartigue (coutume d’Arcqs) ;
b) Jeanne demoiselle, mariée à noble Jean de Saint-Martin, (Arch. Sté de Borda). Elle habitait Bélus en 1648, elle testa le 10 août 1694
c) Catherine, demoiselle, veuve en 1668 de Bernard de Saint-Martin, sieur de Lagarde et de Peyrous (Pap. de Candau, Mugron)
G — Noble Jean de Beaulieu, écuyer, seigneur de Bénesse, mort avant 1679, marié à demoiselle Suzanne d’Oro, en 1670. (Pap. Destouesse Pontonx). Il fut père :
a) de Jean (v. plus bas H)
b) de noble Pierre, prêtre, écuyer docteur en théologie, curé de Saint-Martin de Hinx (1670- 1671). Avec Jean son frère, il fit un échange avec Michel de Rouard, le 18 mars 1676 (Arch. Trib. Dax). Il en sera question plus loin.
c) de Jeanne, demoiselle, qui épousa, à Saint Martin-de-Hinx, en 1679, sieur Chrysostome Lalanne, avec 2 000 1. (Papiers Dangareil)
d) de Jeanne, demoiselle, habitant Gamarde, en 1671 (Arch. Préchacq) mariée à Jean de Moneing, homme d’armes avec 3 000 1. (Arch. De Lestapis Gamarde)
H — Noble Jean de Beaulieu (1677), écuyer, sieur de Bénesse, habitant la maison noble de L’Abadie, marié à dame Florence de Berragain. Il mourut le 28 septembre 1685 à l’âge de 45 ans. Sa veuve mourut le 6 octobre 1685.
Leur fils, Jean, né à Bénesse, le 8 septembre 1675 (arch. trib. Dax). Son oncle et tuteur, Pierre, prêtre, rendit hommage le 4 septembre 1692 pour les biens nobles de l’Abadie (arch Nationales). La nécessité obligea noble Jean de Beaulieu à faire échange des biens nobles de Bénesse, avec Michel de Rouard, conseiller, qui lui donna en retour les biens de l’Abadie en roture, plus 1 700 1, d’après un acte du 5 juin 1680. L’échange date du 18 mars 1676 (voir plus haut Gb). Donc, les de Rouard sont devenus seigneurs de Bénesse, avant l’extinction des de Beaulieu, vers l’an 1680. Michel de Rouard rendit hommage, le 24 septembre 1679, et dénombra le 2 janvier 1680 (arch. nat.)
Seigneurs de Bénesse (suite)
Les précieux manuscrits de l’abbé me permettent d’ajouter quelques noms à la généalogie des de Beaulieu, seigneurs de Bénesse :
Me Mathieu de Beaulieu, 1700-1714 (arch. Bay) ; noble Jean de Beaulieu, mort avant 1740, habitant Saubusse ; voit saisir, en 1726, ses biens de Labadie, Labadiot, Ballié et La Croutz en Bénesse (arch. trib. Dax). Il mit un banc dans l’église de Bénesse, en 1724, n’ayant pu réussir à en placer un auparavant : il épousa dlle Françoise de Villenave, et probablement, en premières noces, Marie de Barrère (étude StMartin-de-Hinx). Il eut pour enfants:
a) Marie, dlle aînée, mariée le 13 juin 1739 à Bernard de Biarrotte, seigneur de Novachon, donataire de son père, le 4 avril 1734 (étude de & Martin-de-Hinx)
b) Jeanne, dlle cadette, mariée à Jean Dusséré, praticien, 1743, et probablement en premières noces à Pierre Lacausse, Me chirurgien de St Etienne d’Orthe, 1720 (arch. trib. Dax)
c) probablement Catherine, dlle mariée, le 1 septembre 1730, à sieur Durand Roche, cavalier (étude St Vincent-de-Tyrosse)
d) probablement, Jeanne-Catherine, veuve de Gardères habitant St Martin-de-Seignanx en 1765 (arch. trib. Dax), veuve de sieur Jean Gardères, négociant, habitant Bayonne en 1772, et héritière testamentaire (arch. Tart)
e) probablement Marie, dlle mariée le 22 octobre 1719 avec 7 000 livres de dot à Me Jacques Darrotger-Lembeye, avocat en la Cour, veuve en 1722 (arch. trib. Dax).
f) probablement, dame Marie-Thérèse veuve en 1770 de Me Bernard Vevres, juge de Capbreton (arch. trib. Dax) elle testé en 1778 (Gabarra, N-D de Pitié) ; son testament fut ouvert le 12 novembre 1778 ; elle avait fait un testament clos, le 17 juillet 1778.
Il y eut encore d’autres Beaulieu sur lesquels je n’ai pas de documents.
Je note cependant messire Pierre-Jean Bachelier d’Ages, écuyer, directeur général des fermes unies de France, au département de Bordeaux, seigneur de Bénesse, en 1773 qui vend le 8 juin 1773, à Bernard Dufourcet, laboureur de Bénesse, le moulin à blé, le bâtiment y attaché, Molia, ruisseau, plus la prairie et échalassière, le tout noble, plus la Bache de Les Moulies, pour 4 500 livres. (Et. Lavielle jeune, Montfort)
Messire Henri de Bachelier de Talamon, seigneur de Bénesse, chevalier de St-Louis, comparut à l’assemblée de la noblesse, à Dax, en 1789. (Arm. des Landes).
Nous signalons encore messire Jean-Charles de Bachelier et messire Pierre de Bachelier d’Agès, qui vendirent, le 7 mars 1777, à messire Henri de Bachelier-Talamon, capitaine au régiment du Vivarais, la seigneurie de Bénesse maisons nobles de Bénesse, St-Michel, Les Places, Agès et Langar, pour 29 000 1. Nous avons mentionné plus haut ce messire Henri de Bachelier-Talamon qui comparut en 1789 à l’assemblée de la noblesse, à Dax…
Citons noble Jean-Pierre-Michel de Rouard, seigneur de Bénesse en 1714, qui épousa dame Marie-Toinette-Marion de Pisany et en eut deux enfants, en 1721 (arch. Trib. de Dax). Après sa mort survenue en 1723, sa veuve dénombre en 1723 (Arch. du Gers) et le 5 mai 1724 (arch. nat.) sieur François de Rouard, seigneur de Bénesse, qualifié de noble, en 1744 (arch. trib. Dax) épousa dame Elisabeth Destrac, dame de Heugas, patronne laïque des prébendes de Gaïba et de Dubois, en Bidache (arch. fabrique Magescq)
Epousée, le 24 juillet 1744, avec 30 281 1, elle devint veuve en décembre et dénombre en 175X et 1757 (arch. Gers). Nous avons donné le détail de ce dénombrement, château, droits seigneuriaux, moulin, domaine royal au début de la 2e partie Bénesse d’autrefois.
Du mariage de François de Rouard avec dame Elisabeth Destrac, naquirent deux enfants:
a) Jean-Jacques, seigneur de Bénesse, 1757 (‘arch.trib. Dax)
b) Jeanne-Marie-Anne, née à Dax le 7 septembre 1750.

6) – Eglise de Bénesse:13 - Copie - Copie
L’église actuelle de Bénesse, incendiée et reconstruite, aurait été, selon la tradition – et aussi d’après le dénombrement fait en 1757, par dame Elisabeth Destrac – la chapelle des seigneurs de Bénesse. Elle ne serait devenue église paroissiale que depuis 1723, date de l’incendie de la première église. Le seul document authentique sur cet évènement se trouve dans les Archives du Tribunal de Dax. Prévôté (notes Lapeyrin).
Je cite textuellement ici le manuscrit laissé par M. le curé Lapeyrin : « L’église de Bénesse-lès-Dax aurait été, selon la tradition, la chapelle du château des seigneurs de Bénesse… Cette chapelle bâtie neuve il y a 500 ans, par une certaine demoiselle Hortense, ne serait devenue église paroissiale que le 10 ou 16 octobre 1723, après l’incendie, relaté par M. Morphain, vicaire de St-Pandelon et Bénesse. L’édifice actuel ne présente lui-même rien qui puisse faire croire à une antiquité aussi reculée.
« L’église de Bénesse, dont la maçonnerie est en pierre commune, à la forme d’un rectangle ; son unique nef a voûte unie et aux lambris de plâtre, mesure 18 mètres de long sur 6 m 30 de large et 4 m 70 de haut.
« Le coeur, dont le fond est circulaire, et la voûte exactement semblable à celle de la nef, sans ornements ni décorations, a à son entrée, un arc triomphal très modeste. L’autel est en bois peint avec du côté de l’Epître, la statue de Saint-Vincent-de-Paul, et du côté de l’Evangile, la statue de Saint-Miche!, patron de la paroisse. Ces deux statues ont été installées récemment, sous M. l’abbé H. Daguy, dans une cérémonie solennelle, présidée par Mgr de Cormont, évêque d’Aire et Dax.
« Mme Lefranc compte parmi les bienfaitrices de la paroisse: c’est grâce à un de ses legs qu’a été construite la sacristie actuelle.
« Le clocher, qui a la forme d’un pavillon, possède deux cloches. La plus grande porte les inscriptions suivantes : « M. Bernard Duclerc, capitaine d’infanterie. Mme Lucie Duclerc-Lefranc. Chabaud m’a faite en 1819.»
« On lit sur la plus petite: « M. J-Bte de Borda-Labatut, Mlle Josèphe-Léonie Lefranc.
Chabaud m’a faite en l’année 1819. »
« Quant au cimetière, il n’existe aucun acte authentique de propriété. On ne sait pas au juste à qui il appartenait ; il fut installé sans doute sur les terres qui, jadis, comme la chapelle, appartenaient au château de Bénesse.»
Les deux cloches dont j’ai parlé et qui dataient de 1819, furent remplacées:
A — l’une, la grosse cloche, sous M. Lapeyrin, en 1898. Allocution de M. le chanoine Colongue, alors curé-doyen de Pouillon. Elle porte les inscriptions: Parrain: Albert Milhès-Lacroix ; marraine : Berthe Biraben ; maire: M. Ernest Larrieu ; curé: M. Lapeyrin ; fondeur : Delestan à Dax.
B — la petite, en 1828, sous M. Daguy. La cloche fut bénite par Mgr de Cormont et le discours prononcé par M. le chanoine Lafargue, archiprêtre de Dax ; elle porte les inscriptions suivantes :
Parrain : Joseph Mangin ; marraine : Madeleine Suhone ; maire : Victor Mangin ; curé: M. H. Daguy ; fondeur : Darricau à Tarbes.
Je mentionne, avec plaisir, un bénitier en pierre, ornement de la modeste église, relique d’un passé glorieux ; les fleurs de lys, sculptées sur le socle, ne sont-elles pas une espérance aussi ? Subliliis virtus et honor ! Le bénitier de l’église de Bénesse porte la date de 1757.

Voici d’abord la déclaration de M. Morphain, constatant l’incendie de l’église en 1723
« Je soussigné, prêtre, vicaire de St-Pandelon et Bénesse, déclare à tous ceux qu’il appartiendra, que l’église de Bénesse ayant été incendiée le 10 (?) octobre 1723, tous les registres de ladite église furent consumés par le feu. C’est pourquoi les habitants dudit Bénesse m’ont remis les mémoires suivants, écrits ci-dessus, afin que foi y soit ajouté quand besoin sera. — J. Morphain. »
Suivent patiemment reconstitués, les actes de baptême, de mariage et de sépulture (V. anciens registres de la paroisse conservés à la mairie).
L’église de Bénesse ayant été presque totalement incendiée le 16 (?) octobre 1723, le même M. Morphain, dans une sorte d’inventaire rétrospectif, déclare qu’il y avait, en l’église de Bénesse, un ciboire, deux calices, deux patènes, une boyte (sic) pour porter le Saint-Viatique aux malades, une croix pour donner la paix, le tout d’argent ; une crémière, un autre petit vase pour l’huile des infirmes, deux burettes, deux croix, une lampe, le tout d’erein (sic) une banniere une chazuble (sic) verte avec une étole, manipule et voile, une bourse de la même couleur, à galons de soie ; un ornement rouge complet, à galons de soie ; plus un ornement blanc, complet à galons d’or, neuf ; plus deux ornements noirs, à galons d’argent ; plus un ornement violet, à galons de soie, neuf. Il y avait autant d’ornements de toutes les couleurs, complets, à demi-uzés (sic) ; plus un devant d’autel rouge, à galons d’or ; un autre devant d’autel blanc, à galons d’argent ; plus une aube à dantelle (sic) d’un demi-pied de hauteur, neuve ; une autre aube, unie, neuve ; un surplis, deux amicts, quatre corporaux, deux à dentelle et deux mis de Cambré (sic) ; deux cordons, quinze purificatoires, le tout neuf ; deux bonnets carrés neufs ; deux missels neufs ; deux rituels, l’un neuf l’autre usé ; quatre nappes fines, neuves, à l’oeuvre double ; quatre longères fines, huit serviettes neuves fines à l’oeuvre double ; deux écharpes de Damas pour la Croix, l’une rouge à galon d’argent, l’autre blanche à galon d’or ; un linceul pour couvrir le poille (sic) ; deux rideaux de toile de Rouen, pour couvrir l’autel ; un autre linceul à rézau (sic) rouge et soie, pour couvrir l’autel dans la Semaine-Sainte ; six chandeliers, deux dorés, deux argentés et deux d’érein (sic) ; un teigitur, l’évangile selon Saint-Jean ; un lavabo, dix chandelles entières et deux demi-brûlées ; un parapluie pour porter le Saint-Sacrement. La plupart des vases étaient rompus, fondus et consumés. » (Arch. Trib. Dax, Manuscrits chanoine Foix, curé Laurède).
7) – Presbytère et dépendances :
D’après le dénombrement de dame Elisabeth Destrac en 1757, « l’ancien presbytère, la place où étaient la sacristie, le maître-autel et l’église, appartenaient aux seigneurs de Bénesse, le tout ayant été bâti par eux, à leurs dépens et sur leurs fonds. »
Quant au presbytère et ses dépendances, ajoute M. Lapeyrin, le tout fut vendu à la commune, pour la somme de 2 800 francs, selon acte passé devant Me Darregert, le 7 octobre 1851, et enregistré le 31 octobre de la même année, à Peyrehorade, par M. Léon Lefranc et Mme Luce Duclerc, son épouse, à ces conditions, savoir :
A — la maison, les décharges et les fonds, indiqués par le procès-verbal d’expertise, seront affectés à l’habitation du desservant, à l’exception du terrain jugé nécessaire pour l’établissement d’un nouveau cimetière.
B — la commune sera tenue à faire célébrer une messe pour chacun des vendeurs, à l’anniversaire du jour de leur décès.
Les dépendances du presbytère sont : une vigne, un champ labourable, une prairie et un jardin potager, ayant ensemble une contenance d’un hectare et trois ares, sans compter l’écurie, les granges et les volières.
Tel qu’il est aujourd’hui, le presbytère de Bénesse, lisons-nous dans la trop brève monographie, écrite par M. Lapeyrin, fut reconstruit par la commune en 1852. Sur tout le reste, silence, le silence de la modestie ; car la main gauche de M. Lapeyrin ignorait toujours ce que sa main droite avait donné. J’ai à coeur de combler cette lacune, afin de rendre ce bon curé plus cher encore à la paroisse de Bénesse, qui garde pieusement sa mémoire ;
a) en 1904, M. l’abbé Lapeyrin « acheta à la commune le presbytère et ses dépendances, le tout pour être mis à la disposition de ses successeurs… »
b) il laissait, en outre, ses meubles, sa bibliothèque et sa vaisselle, à l’usage des curés de Bénesse…
c) il laissait à perpétuité une rente annuelle de 900 francs, pour le traitement des futurs titulaires de la cure de Bénesse…
d) il constituait encore une rente annuelle de 200 francs pour les réparations et mutations éventuelles et une rente annuelle de 160 francs pour la fabrique…
e) il fondait enfin une mission qui serait prêchée, tous les dix ans, dans la paroisse. Cette mission a été donnée trois fois à savoir:
1° – en 1901 : le souvenir de cette mission est une belle croix, au pied de laquelle M. le curé Lapeyrin a été enterré en 1915…
2° – en 1911 : la croix du Brana, au tournant de la route de Dax est destinée à perpétuer le souvenir de cette deuxième mission;
3° – en 1925 : la croix souvenir a été plantée, près de chez M. Duhau, maire, dont la maison porte le nom de Lacroutz…
M. l’abbé Lapeyrin, issu d’une famille honorable de Tosse, à qui la Providence avait largement départi la fortune, fut curé de Bénesse, pendant quarante-huit ans. Aujourd’hui, il se repose en Dieu des fatigues d’un long apostolat.
Les oeuvres qu’il a faites, pendant sa vie, ou assurées après sa mort, auréolent sa toute bonne et pieuse mémoire, chaque année, on célèbre dans l’église de Bénesse, un service solennel pour le repos de son âme.
Mais la reconnaissance des bénessois ne devrait- elle pas, en outre, s’extérioriser d’une manière sensible et permanente, par exemple, par l’apposition d’une plaque en marbre au-dessus de la porte du presbytère?
Je dépose ce voeu dans le coeur des bénessois et je le confie, soit à M. Duhau, maire de la commune, soit à M. Daguy, curé de la paroisse, qui auront tous les deux à coeur de la réaliser.
8) – La paroisse :
1° – « Avant la grande Révolution, écrit M. l’abbé Lapeyrin, Bénesse-lès-Dax dépendait comme annexe, de Saint-Pandelon. Son église était desservie par les curés et vicaires de cette dernière paroisse. » Depuis quelle époque? C’est ce que M. l’abbé Lapeyrin, faute de documents, ne nous dit pas. Les précieux manuscrits, mis à notre disposition par l’obligeante amitié de M. Foix, le savant curé de Laurède, semblent prouver qu’il n’en fut pas toujours ainsi, et nous verrons même plus loin que Saint-Pandelon figurait comme annexe de Bénesse-lès-Dax.
«Entre 1105 et 1110, Guilhem-Ez de Sort et Bernard de St-Geours, son gendre, et Fédac, son fils, se querellaient à propos des pommiers du cimetière de Sain-Michel de Bénesse. Ils se disputaient également les fondations de messe chantées et la rétention de la clef de l’église.
« Pour en finir, l’abbé de Sorde, Alner, qui occupa cette fonction de 1103 à 1119 fit don à Fédac d’un cheval du prix de 100 sols morlans et l’admit au châpitre, en présence d’André Boucau et de plusieurs autres. Il fournit comme caution Arnaud « Vocain» (Boucan ou Bougue ?) et Ez Arnaud de Bessabat, afin d’obtenir de Fédac que ni lui ni sa postérité ne cherchât querelle au sujet de cette prise de possession de l’abbé. Pour gârantie plus sûre Fédac posa sa main sur le missel de l’autel St-Jean. » (Arch. Trib. Dax).
M. l’abbé Foix ajoute: « Le cartulaire de Sorde, publié par M. Raymond (p. 52) attribue cet acte à Bénesse-Maremne. Ce doit être une erreur, vu qu’à Bénesse-lès-Dax, St-Michel était en grand honneur… Si les deux Bénesse avaient le même patron, St-Michel, oui, dans ce cas, je pencherais pour Bénesse-Maremne ; mais le patron de Bénesse-Maremne était St-Martin. Donc il s’agit de notre Bénesse-lès-Dax.
Dans un document conservé, aux Archives du Tribunal de Dax, et que nous produirons plus tard, il est question à la date du 1 septembre 1573 de M. Eymeric Germanas curé de Bénesse et de St-Pandelon, son annexe. Ce double texte prouve que la paroisse de Bénesse peut être fière de son antiquité.
2° – Le 30 septembre 1573, M. Eymeric Germanas, curé de Bénesse et de St-Pandelon, son annexe, né à Sarreilhac en Limousin et habitant St-Pandelon, testé malade. Il veut être enterré dans l’église cathédrale de Dax, devant le grand autel, au sépulcre des Prébendiers, ce qui prouve que ce curé de Bénesse était en même temps titulaire d’une prébende à Dax. Il s’en remet à la discrétion de M. Jacques de Ladouze, vicaire général, qu’il fait son héritier. Il avait testé, trois ans auparavant à Sarreilhac. Il demande que ce testament vaille pour ce qu’il a laissé là-bas. Il prêtait beaucoup à ses paroissiens, entre autres à Gaspard d’Oro, seigneur du Pouy de Saint-Pandelon qui lui devait 10 francs bordelais.
Le 12 juin 1571, il avait baillé à ferme à Pascal de Meysonnabe et à Jehan de Pendanx, habitant Bénesse, les fruits décimaux de Bénesse et Saint-Pandelon et lui appartenant, en blé, froment seigle, orge, avoine, lin, millet et vin, pour un an, sauf la maison de Vigne de Saint-Pandelon, ainsi que la dîme du lin de Saint-Pandelon, qu’il se réservait, le tout pour 220 francs bordelais. (Arch. Trib. Dax qui sont aujourd‘hui à Mont-de-Marsan, aux archives départementales M Gouron, avant-dernier archiviste, ayant fait translater à Mont-de-Marsan les vieilles liasses du Trib. de Dax).
3° – En 1632, procès devant le sénéchal de Dax, entre Bertrand de Poyloault, écuyer, sieur de St-André, d’une part et Bertrand Dorossen et Simon de Pendanx, jurats de Bénesse en 1631 ; Arnaud de Lacomère, Jean de Lafitte et Bernard de Bénesse, jurats en 1632. Il s’agit probablement pour le premier cité, de se faire décharger de la taille, que les jurats avaient imposée sur ses biens nobles.
Dans l’acte, il est question de Fabien de Goulicq ; de Jacmet de Castellan ; de Berthomieu de Magescas ; de Domenion de Hoursiangou ; de Simon de Pendanx ; de Jean de Maysonnabe ; de Mathieu de Lahouse ; de Jean de Cazaux ; de Jean de Larrivière ; de Pascal de Hasera et de Pierre Darroman, qui tous furent jurats de Bénesse, en des années diverses avant 1632. (Arch. Trib. Dax, aujourd’hui archives départementales.)

9) – Curés de Bénesse :
Liste des curés de Saint-Pandelon et Bénesse, établie par M. l’abbé Lapeyrin et complétée d’après les notes de M. l’abbé de Foix curé de Laurède.
I — le premier curé dont l’histoire fasse mention « Eymeric Germanas », était curé de Bénesse et de Saint-Pandelon son annexe, vers le milieu du XVIe siècle. Nous avons déjà parlé de lui à propos de deux actes, datés, l’un du 30 septembre 1573, l’autre du 12 juin 1571. Nous avons également cité plus haut un acte passé de 1105 à 1119, qui permet de faire remonter au XIIe siècle la paroisse de Saint-Michel de Bénesse ; mais il nous a été impossible, les archives paroissiales ayant été brûlées, de retrouver les noms des curés de ce temps-là.
En 1558, dans un état de démimes – conservé à la Bibliothèque Nat. Nouv. Vol. 790 – il est question d’un recteur de Sain-Pandelon — Bénesse étant alors sans doute annexe — et qui faisait partie de l’archiprêtré de Gert et Pouillon ; mais on ne dit pas le nom de ce recteur.
2 — le second curé de Bénesse, d’après M. Lapeyrin serait « M. Lavielle » (1664-1693). Mais l’abbé Foix le mentionne seulement comme vicaire en 1681.
3 — M. l’abbé « Cazenave », qui fut curé de Bénesse (1713-1721) est mentionné comme vicaire en 1677.
4 — « M. Suberbielle » aurait gouverné la paroisse de Bénesse de 1694 à 1704.
5 — « M. Latapie » figure comme curé de Bénesse de 1704 à 1712.
Le 28 janvier 1721, un baptême fut fait par M. Basserelède, vicaire.
Le 1 avril de la même année, baptême fut fait par M. Dutrey, vicaire.
6 — Bien que les dates ne concordent pas avec celles du n° 3, M. Raymond de Caunègre, né à Soustons en 1672, fils de Bernard de Caunègre, seigneur dudit lieu, en Magescq, homme d’armes, et de Jeanne Dupuy de Pinsolle, prêtre bachelier en théologie, vicaire de Soustons, puis à Dax, aumônier de Mgr d’Arboucave ; se fit nommer par le Parlement de Bordeaux curé de Saint-Pandelon et de Bénesse (1712-1715), devint curé de Moliets où il mourut, le 7 janvier 1750, à l’âge de 78 ans, et où il fut inhumé, dans le sanctuaire. Il avait soutenu un long procès qu’il perdit contre son évêque et bienfaiteur, lequel lui reprochait d’avoir usurpé la cure de Saint-Pandelon et de Bénesse.
7 — Cazenave, vicaire de St-Pandelon-Bénesse en 1677, devint curé de cette paroisse de 1713 à 1721.
8 — les archives du Contrôle de Dax, aujourd’hui à Mont-de-Marsan, mentionnent une permutation de bénéfices par le sieur Lacarre, curé de Bénesse, en faveur de Pierre de Loustalot, curé de St-Girons de Hagetmau (abbé Foix).
9 — Adam, fut curé de Saint-Pandelon et Bénesse de 1721 à 1722.
10 — Belin lui succéda (1723-1727).
Le 15 août 1723, en l’absence du curé Belin, les registres font mention d’un baptême administré par le curé de Heugas, nommé Bergoignan.
11 — Morphain, après avoir été, de 1723 à 1727, vicaire de Saint-Pandelon-Bénesse, fut curé de cette même paroisse de 1727 à 1730.
12 — Laccarret fut curé de Saint-Pandelon-Bénesse de 1730 à 1732.
13 — Mauvoisin lui succéda de 1733 à 1743.
En l’année 1743, cinq actes de baptême et de sépulture portent la signature de Dufourcet, vicaire
14 — Benzin figure comme curé de Saint-Pandelon Bénesse de 1743 à 1745.
15 — Darrigrand, son successeur, ne resta curé que pendant six mois, du 15 juin au 27 décembre 1745.
16 — Dufourcet, vicaire en 1743, fut ensuite curé de 1745 à 1759.
Le 5 janvier 1755, Me Jean Dufourcet, curé de Bénesse, baille à ferme le pré de Courrouge, appartenant à la fabrique à 24 livres l’an pour 6 ans. (Abbé Foix,)
17 — Séguy fut curé de St-Pandelon-Bénesse de 1759 à 1774.
En 1772 (28 septembre) baptême administré par Danglade, vicaire.
18 — Vivé, ne fut curé de Saint-Pandelon-Bénesse que du 27 août au 3 octobre 1774.
19 — Lagrâce, dont le nom est porté aujourd’hui par un pieux missionnaire de N-D. de Buglose, fut curé de Saint-Pandelon-Bénesse de 1774 à 1782.
Le 8 juin 1760, l’évêque de Dax baille à ferme à Jean Hibé, laboureur à Bénesse, sa dîme de Bénesse pour 152 livres l’an (Etude Darracq, notaire à Dax.)
20 — Me Cesgeyres fut curé de 1782 à 1784. En mars 1782, un baptême est signé: « Andeyvoa, vicaire ».
21 — Dupin, prêtre desservant, ne resta que du 27 août 1784 au 24 novembre 1784.
22 — Burgurieu fut curé (1784 — 29 avril 1792)
De l’an 1er à l’an 6 de la République, un jeune prêtre de 24 ans, nommé Laborde, desservait la paroisse ; il figure comme témoin dans les actes de l’officier public, ce qui inspire au bon M. Lapeyrin cette naïve indignation : « Etait-ce là bien à sa place ? Qu’allait-il faire dans cette galère? » On ne sait pas ce qu’est devenu ce jeune prêtre.
M. Burgurieu reparaît, en l’an 8, et administre les deux paroisses de Saint-Pandelon et de Bénesse jusqu’en 1810.
M. Burgurieu était resté caché dans le pays, pendant la Révolution. On cite trois maisons qui donnèrent un asile aux prêtres, traqués par les sbires des bourreaux : «Ponnaou, Baigthosse et le Haout. »
M. Burgurieu prêta le second serment, dit « serment d’égalité », et exerça le culte dans l’église de Bénesse à la demande des habitants.
« Dans un répertoire, je retrouve, comme prêtres ayant exercé à Bénesse, avant la Révolution, à titre de curés ou de vicaires ou de prêtres habitués, les noms de Loustalot, Cazenave, Lavielle, Subercazaux, Latappy, Baserque, Dutrey, Adam, Belin, Morphain, Laccarret, Mauvoisin, Darrigrand, Dufourcet, Benzin, Séguy, Dangoumeau, Vives, Lagrâce, Andeyvoa, Cesgry (ou Cesgeyres), Burgue, Sarramagna, Bergoin (ou Bergoignan)… » (Cahiers Abbé Foix)
A partir de 1810, Bénesse fut desservi par Gaas, jusqu’en 1857, par les curés: M. Larregieu (1810- 1826) ; M. Ducasse (1826-1839) ; X. X. (1839-1850) ; M. Barcus (1850-1857). Puis, M. Sarramagna, ancien curé de St-Vincent-de-Xaintes, devint curé de Bénesse (1857-1865) ; il se retira à Pouillon, où il bâtit la villa St-Vincent, qui est aujourd’hui la propriété de l’aimable et sympathique M. Darmaillacq ; M. Meyranx, prêtre érudit, très spirituel, poète satirique, fut curé de Bénesse de 1865 à 1867 ; Lapeyrin lui succéda (1867-1915): puis du 13 août à septembre 1915, M. Lamoliatte, mort depuis, curé de Seignosse ; de septembre 1915 au 2 décembre 1918, M.Gabarra, aujourd’hui curé de Laluque. En 1916 la famille Bonnebat de Bénesse, fit don à l’église de la belle statue du Sacré-Coeur, qui est placée au-dessus du maître autel ; de décembre 1918 à 1919, deux professeurs du collège N.-D. du Sacré-Coeur de Dax, MM. Lavielle et Lesplane, firent un intérim brillant et qu’on n’a pas oublié ; le 24 avril 1919, M. Daguy, chanoine de la Martinique, familier de Mgr de Cormont, évêque d’Aire et de Dax, aujourd’hui archevêque de Briséis, prit possession de la paroisse de Bénesse, qu’il dessert encore aujourd’hui avec Saint-Pandelon comme annexe.

Benoîtage
« En 1750, le 2 mai, Sr Jacques Lajournade fils, maître d’école habitant Saint-Pandelon, s’entend avec François Duhieu, laboureur et fermier du benoîtage et de la maison de Saint Michel, à laquelle maison est attaché le dit benoîtage, le tout appartenant à noble François de Rouard, seigneur de Bénesse.
« Lajournade se charge « de faire le benoît » et de servir toutes les messes chantées qui se diront dans l’église de Bénesse, par le sieur curé ou autres prêtres à sa place ; d’assister ledit sieur curé aux Vêpres, Processions et en toutes autres fonctions qu’il sera nécessaire, pendant trois ans pour dix- huit livres l’an. » (Etude S. Jean, flot. A Dax. Cahiers de M l’abbé Foix).

Communauté
« Le 8 juillet 1746, s’assemblent : Me Pierre Subercazaux, docteur en médecine ; Me Gracien Bedoich, conseiller du Roi et lieutenant général de la police de Dax, dame Françoise Dailhenc, vve Larrey ; dame Jeanne Dibusty, vve Etchegoyen ; dlle Elisabeth, de S. Laurent de Bédorède ; Etienne Darjo, sieur du Guichot, sieur Laurent Mesplet ; Florent Bécasse, orfèvre de Dax ; Pierre Lamarque, Michel Mothes et Pierre Lesgourgues, jurats ; abbé de Bénesse, Pierre Lamieussens, sieur de Baigthosse – qui se prononce à peu près Baïtiosse etc, etc forains et habitants, lesquels disent en choeur que la maison de Lachat d’une très grande contenance, a droit de capcasal et de padouensage. Elle appartenait au sieur Bedoich et avait été incendiée en Mars dernier. » (Etude Lavielle jeune, not. A Monfort Cahier abbé Foix)

Liste des curés (voir plus haut)
Il faut y ajouter deux noms que je trouve dans les cahiers de l’abbé Foix :
Pierre de Loustalot, curé de Bénesse en 1737 — sans doute le curé de Saint-Girons de Hagetmau, en faveur duquel sieur Lacarre, curé de Bénesse avait consenti une permutation de bénéfices. (Voir plus haut,).
Jean Darrieu, âgé de 69 ans, curé de Bénesse en 1837.

Dîmes 18 - Copie
a) en 1760, l’évêché de Dax percevait à Bénesse 93 livres
b) le séminaire de Dax avait à Bénesse des métairies d’une contenance de 224 arpents.
c) M. Jean de Bénesse, notaire royal, était tributaire des chanoines de Dax, qui lui réclamaient les rentes annuelles de l’argent prêté… (Cahiers de l’abbé Foix)

Frères quêteurs
Bénesse était une source de revenus pour tous les frères quêteurs des environs, jusqu’aux Dominicains d’Orthez, qui avaient à Bénesse, leur père spirituel, homme recommandable, qui s’occupait surtout de leur temporel, et centralisait le résultat des quêtes, faites à l’église ou à domicile.
La liste de ces pères spirituels donnerait connaissance des familles les plus réputées comme religieuses et dévouées aux bonnes oeuvres. Ce n’était pas d’ailleurs gratuitement ; car ces pères spirituels, ces marguilliers de la Merci et autres collecteurs jouissaient, de par la loi de l’exemption de tutelle, curatelle, séquestre et autres charges peu enviées.
A Bénesse en 1695, il y avait un marguillier pour les âmes du Purgatoire et un pour le luminaire de l’église. De simples laboureurs étaient souvent choisis par les couvents, mais les marguilliers de la Merci ou quêteur pour le rachat des captifs, étaient généralement pris parmi la bourgeoisie ou la noblesse… Ainsi en 1760, c’est sieur Jean Lacausse, officier au régiment des Bandes Gramontoises, habitant Bénesse, qui est le père spirituel de la Merci (ordre de N -D. de la Merci pour le rachat des captifs.)
Le 15 décembre 1759, Louis Magescas, dit Mothes, laboureur, habitant Bénesse est nommé père spirituel des Cordeliers de Dax par les frères Bignedou et Pierre Mauce.
Le 7 août 1761, le prieur des Carmes de Dax, élit et nomme ses pères spirituels de Mimbaste, Garrey, Clermont, Sort, Igas, Bélus, Saint-Etienne, Siest, Orist, Saint-Lon, Tercis, Pouillon, Gaas, Bénesse, Heugas, Estibeaux, Herm, Pouy, Orthevielle et Labatut. C’est le frère Spiridion Saint-André qui était alors prieur des Carmes (Arch. du Trib. Dax, Cahiers de l ‘abbé Foix)
En 1742, les Cordeliers de Dax (P. François Cirac, gardien), déclarent avoir des pères temporels à Heugas, Cagnotte, Cauneille, Pouillon, Cambran, Saint-Etienne, Port-de-Lanne, Josse, Estibeaux, Gaas, La Torte, Pey, Saint-Lon, Cazordite, Bélus, Saugnac, Téthieu, Misson, Montfort, Saint-Paul, Sorde, Herm, Orist, Sort, Saint-Pandelon, Hinx, Magescq, Bénesse, Pouy, Habas, Tilh, Ossages, Ozourt et Tercis… Ils nomment des titulaires, que je n’ai pas recueillis. Evidemment le fisc d’alors voulait être fixé sur le nombre de ces privilégiés… Les pères de la Merci font la même déclaration. — A Bénesse, c’était alors le sieur Guillaume Lamieussens qui était leur marguillier. A Pouillon, c’était noble Pémolier, seigneur de Saint-Martin. (Cahiers abbé Foixj

Notes diverses :
1 — Péporte : Jeanne de Lavielle, dite demoiselle de Péporte, épousa, en 1580, noble François de Lamothe ; d’où Jeanne de Lamothe, demoiselle mariée le 21 septembre 1603 à noble Etienne de Saint-Martin, seigneur de Lacaze ; d’où noble Balthazar de Saint-Martin, écuyer sieur de Péporte, marié à demoiselle Anne Goubert, le 13 mai 1655 ; d’où postérité. (Abbé Foix. Papiers de la famille Saint-Martin-Lacaze, du Luc à Soustons).

2 — Baïghosse : Maison titrée dont nous avons déjà parlé plusieurs fois.
A – Pierre de Lamieussens, dit Bonne, laboureur, habitant Bénesse, possesseur de Baïghosse, en 1644, hérite des droits qu’avaient les propriétaires antérieurs de Baïghosse, savoir Adrien Discazaux et sa femme Marguerite du Bucau, fille de Pierre du Bucau, lequel possédait Baïghosse, en 1600. (Papiers de Lestapis).
Jean de Baïghosse, laboureur, habitant Saint-Paul-lès-Dax, laboureur, cède également tous ses droits, le 27 septembre 1646, à M. Michel du Boys, (écuyer du Roi, fils de Pascal de Marcy, qui avait acheté Baïghosse au père du dit Jean de Baïghosse. (Papiers de Lestapis).
Pierre acheta le 2 septembre XXXX, les biens de Baïghosse à Antoine de Saint-Martin, dit Destambe, laboureur, habitant Bénesse. Il reconnut à M. Ch. Xxxxtain chevalier, et de Caubin et de Morlaàs, les maisons de B. et « le Peurle ou Pédemage », le 14 mai XXXX devoir de 6 sols 9 deniers (Archives Haute-Garonne. Abbé Foix,).
B — Martin Lamieussens de Baïghosse, mort en 1703, laboureur, habitant Bénesse, avait épousé Hélène Darjuson, dite de Labenote (Etude Lacausse à Montfort). Le domaine de Labenote, en Saint-Pandelon, est le berceau de la famille des comtes d’Arjuzon. Un d’Arjuson possédait un office de fermier général. (Abbé Foix).
C — Jehan de Baïghosse, seigneur utile de la maison de Baïghosse, habitant Bénesse, vend en 1572, son droit de padouensage à Pascal de Maysonnave, habitant aussi Bénesse pour 60 francs bordelais.
D — Antoine de Saint-Martin, dit Destambe, possesseur de Baïghosse, le vend en 1632 (5 décembre), à Pierre de Lamieussens.
E — Pierre de Lamieussens, laboureur, habitant Bénesse, en 1673, est sans doute celui qui épousa, en 1679, Menjolé de Bacarrère.
F — François de Lamieussens, dit de Baïghosse, épousa Françoise de Lagor, en 1684, puis en secondes noces, Jeanne Dubaa, le 28 février 1696.
Il y eut un inventaire à Baïghosse en 1708 et un autre en 1713.
G — L’arpentement et estimation de la maison et biens de Baïghosse, avec les métairies de Dieuzeyde, Leumot, Pouric, Barbé, Pédemange et Lahait, à Arzet, le tout appartenant au Séminaire de Dax, en 1769, donna 224 arpents estimés 48 534 livres (manuscrit Légé,).
En 1632, les biens de Baïghosse consistaient en une maison en tuiles, eyrial, jardin, vigne, verger, champs, bois, prairies, barthe, daillenc, avec droits d’église, de capcazal et de padouensage, plus la vigne de Castaing évaluée 1 000 livres (Abbé Foix, pap. de Lestapis, à Gamarde).
H — Pierre Lamieussens, sieur de Baïghosse, habitant Bénesse en 1739 et Dax en 1757, avait épousé, le 29 novembre 1724, Mlle Catherine Dufaur ; les époux demandèrent, en 1739, séparation de biens. Pierre Lamieussens teste, le 13 juin 1757, et demande à être enterré dans l’église de Bénesse. En 1750, il possédait le moulin de Montpeyroux. (Abbé Foix, étude Lavielle, à Montfort).
I — François Lamieussens, laboureur, habitant Saint-Vincent-de-Xaintes, qui avait épousé Marthe de Sarps, testa, le 12 mars 1732, et mourut avant 1749.
J — Demoiselle Hélène de Lamieussens, habitant Baïghosse, en 1749, était mariée à M. Jean-Pierre de Saint-Christau, notaire. (Abbé Foix, arch. trib. Dax)
K — Pierre Lamieussens, sieur de Baïghosse, habitant Bénesse-lès-Dax (1767), marguillier des captifs en 1742, donataire de Marie Dufau, le 6 février 1744, possesseur du moulin de Montpeyroux, en Pouillon, loué pour 30 livres et une paire de chapons. (Abbé Foix).
L — Jean Lamieussens, dit Lorist d’Arzet, épousa en 1755, le 16 novembre, Suzanne Caubet, morte en 1767 ; Jacques Lajournade devint le tuteur de ses enfants.
M — Sieur Jean-Pierre Lamieussens-Baïghosse, bourgeois, épousa le 1e février 1765, demoiselle Marguerite Bourbon de Gaas, avec 15 000 livres.

Je trouve encore dans le précieux manuscrit de l’abbé Foix:
A — Raymond Baïghosse, héritier de sa nièce,
Bastiane de Baïghosse, et qui habitait Bénesse en 1588 (Arch. de Lestapis).
B — Jean de Baïghosse, laboureur, habitant St-Paul-lès-Dax en 1646, co-possesseur des biens de Baïghosse, en Bénesse.

– 4.  Etat fiscal
Un état fiscal de 1329 ne parle ni de Saint-Pandelon, ni de Bénesse. « Je suppose, ajoute l’abbé Foix, que l’évêque de Dax, en étant possesseur, les avait fait exempter de tout paiement ».
En 1558 un état de décimes porte le recteur de Saint-Pandelon comme faisant partie de l’archiprêtre de « Gert et Pouillon ». Il taxe 25 livres, 5 sols et 4 deniers. Il n’est pas question de Bénesse, qui devait être alors annexé à Saint-Pandelon (Abbé Foix ; Arch. Nat.)

En feuilletant les registres paroissiaux conservés à la mairie
A — Déclaration : « Je soussigné, prêtre, vicaire de Saint-Pandelon et Bénesse, déclare à tous ceux qu’il appartiendra, que l’église de Bénesse ayant été incendiée, le 10 octobre 1723, tous les registres de ladite église furent consumés par le feu. C’est pourquoi les habitants du dit Bénesse m’ont remis les mémoires suivants, écrits ci-dessous, afin que foi y soit ajoutée, quand besoin sera. — Morphain, prêtre. »

B — Nous cueillons parmi ces mémoires ou registres reconstitués
– le 24 août 1704, naissance à Cap-Du-Cam, de Quitterie de Bénesse.
– en 1718, baptême à St-Michel (presbytère actuel), de Catherine de Berloz.
– le 22 novembre 1724 a été inhumé un homme étranger, tué le 21, dans le champ de Lesplantes.
– le 4 février 1724, messire Pascal de Subercazaux, prêtre, docteur en théologie et curé de la présente paroisse de Bénesse, mourut à Pouillon, chez maître Dailhenc, chirurgien ; le corps fut transporté au «Haout de Bénesse », chez Me Subercazaux, son frère, puis le 5 du même mois, inhumé dans l’église de la présente paroisse, en présence de Bertrand de Berloz et de Bernard Darrassen. « Ce même jour, écrit F. Morphain, Mgr l’Evêque m’a pourvu du titre de la cure de Saint- Pandelon et Bénesse.
– au mois d’âoût 1743, dame Catherine Subercazaux fut inhumée dans l’église de Bénesse.
– le 11 octobre 1743 mourut, à Houry-Bénesse, un valet âgé de 75 ans environ, qui était depuis quarante-cinq ans dans la dite paroisse, sans que l’on ait jamais pu savoir son nom.
– Etienne Duclerc et Catherine Hoursiangou, n’ayant pas droit de sépulture dans l’église, y furent inhumés, l’un en 1761 moyennant 25 livres à l’église, l’autre en 1762 moyennant 10 livres.
– en 1767, Pierre Lamieussens, de Baïghosse, fut enterré dans l’église de Bénesse moyennant 15 livres.
– en 1767, dlle Marie de Subercazaux est enterrée dans l’église de Bénesse moyennant 30 livres pour l’église.
– en 1768, dlle Marguerite Bourbon de Baïghosse paie aussi 30 livres pour être enterrée dans l’église. La même année, un enfant de 5 mois, Jean Sanguinet, est inhumé dans le porche.
– en 1769, Jean-Baptiste Duclerc, au Haout, fait une aumône de 10 écus et en 1771, Me Jean Lacausse, à Larradé, également une aumône de 10 écus, tous les deux pour être inhumés dans l’église.
– En 1774, dlle Gracie de Saint-Christau, morte à Pribat-de-Bas, fut de droit enterrée dans l’église. Le 19 septembre de la même année fut inhumé, dans le sanctuaire de l’église Saint-Michel de Bénesse, Maître Bernard Lamothe, curé de Sabres, mort au Haout.
– en 1776 est enterré, dans l’église, un Lacausse, propriétaire de Larradé et de Péporte.
– Guillaume-Bernard de Borda, chanoine signe, en 1784, le mariage Borda-de-Sèze, à Estambe. En 1787 est enregistré le mariage de Prosper Darrissole et de Jeanne Lacommère à Piquemousque. – la famille Larrouquère occupe encore, en 1931, la maison de Piquemousque: le père, la mère et onze enfants vivants.
– le 27 avril 1792, M. Burgurien signe pour la dernière fois sur les registres de la paroisse. Sa signature est ensuite remplacée par celle d’un curé intrus, Laborde avec la mention : « Citoyen curé ».

Un document :
C’est le procès-verbal de visite de l’église paroissiale Saint-Michel de Bénesse, annexe de Saint-Pandelon faite le 23 octobre 1741, par Mgr de Suarez d’Aulan, évêque de Dax. (Monogr. Paroissiale.)
« Louis-Marie de Suarés d’Aulan par la Providence divine et l’autorité du Saint-Siège apostolique évêque d’Acqs etc… faisons savoir que, pour satisfaire au devoir de notre charge pastorale, nous nous sommes transportés dans la paroisse de Bénesse, annexe de Saint-Pandelon, accompagné de nos officiers nécessaires, aux fins d’y faire notre visite épiscopale, duèment indiquée à cejourd’hui vingt-trois octobre mil sept cent quarante-un où nous avons été reçu et conduit dans l’église par le Sr curé et habitants, avec les cérémonies accoutumées ; et, après les prières ordinaires et l’absoute des vivants et des morts, nous avons donné nos avis et instructions au peuple assemblé.
« Ensuite, procédant à la visite de l’église, nous avons commencé par celle du Saint-Sacrement, duquel, après lui avoir rendu nos adorations, avons donné la bénédiction aux assistants et avons trouvé un ciboire, un calice avec sa patène, un porte-Dieu, une petite croix pour la paix, le tout d’argent et en bon état, le calice est crasseux par dehors ; le tabernacle de bois doré, propre doit être doublé, en dedans, d’une étoffe de soie ; deux chandeliers de cuivre : il doit en être acheté deux autres de même espèce ou de bois doré; tableau représentant Saint-Michel et rétable en bon état; pierre sacrée et le reste de l’autel en bon état, de même que le sanctuaire.
« Ayant ensuite visité les fonts baptismaux, nous avons trouvé la piscine en bon état ; le vaisseau des eaux baptismales doit être renouvelé; vaisseaux des saintes huiles en bon état ; le couvercle des fonts doit fermer à clé; il faut un petit dôme dessus, et, contre le mur un petit tableau représentant le baptême de Notre-Seigneur par Saint-Jean.
Ayant ensuite visité la sacristie, l’avons trouvée petite, mais assez propre et assez commode.» E.H.

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